Pourquoi nous haïssent-ils ? Telle est la première question que les Américains se sont posée après l’effondrement des deux tours du World Trade Center.
« Ils », ce sont les musulmans, les terroristes qui ont détourné les avions, leurs patrons qui ont décidé et planifié le crime, mais également les foules qui dans les capitales arabes ont dansé dans les rues et applaudi au spectacle de la tragédie.
À peine avions-nous déclaré être tous Américains ce jour fatidique du 11 septembre, que, pris de remords d’avoir exprimé de la compassion à l’égard des victimes, nos élites ont entrepris la tâche d’inverser les responsabilités, accusant l’Amérique d’être la cause de ses propres malheurs. Ce ne sont pas seulement les théories du complot qui ont attiré l’attention du public, les dissertations et les sentences des bien-pensants ont popularisé la notion bien connue de qui sème le vent récolte la tempête. L’Amérique s’était rendue coupable d’impérialisme envers le monde musulman et celui-ci n’a fait que lui rendre la monnaie de sa pièce.
Mais l’aveuglement que procure la foi anti-américaine a empêché nos élites intellectuelles de capter le vrai message des attentats et de réaliser que l’Amérique n’était pas l’unique cible ou même la cible principale. Un tel crime ne peut être réduit à un gigantesque règlement de comptes ; ceux qui l’ont commis ont puisé leur mobile dans le tréfonds de leur psyché : le 11 Septembre est à proprement parler un crime existentiel.
Ceux qui continuent de se poser des questions au sujet du mobile doivent élargir leur champ de vision et ne plus se contenter de regarder 20 ou 30 ans en arrière. Le terrorisme islamique n’est pas le fait d’une génération spontanée ; ses racines plongent dans l’islam, plus précisément dans l’histoire de l’islam : ses débuts, son expansion, son apogée et surtout son long et continuel déclin.
L’histoire est pleine de ces expansions fulgurantes qui donnent naissance à des empires et à des civilisations ; celle de l’islam en fait partie mais elle se distingue par la stérilité de l’héritage qu’elle a laissé. L’empire islamique et la civilisation qui porte le même nom se sont appropriés le patrimoine des civilisations antérieures mais ne sont pas parvenus à en faire un point de départ et encore moins un tremplin. Les raisons de cet échec résident dans le dogme et la culture islamiques qui ont réussi à scléroser la pensée, à étouffer la créativité et à freiner l’élan. D’aucuns affirment que l’islam a vécu sa renaissance avant de sombrer dans son Moyen-âge ; il me semble toutefois plus juste de dire que l’islam a vécu son Moyen-âge (opulent et brillant) avant de sombrer dans le déclin et l’insignifiance.
Ce déclin et cette insignifiance sont une véritable tragédie pour les musulmans, elle n’a d’égale que celle de leur impuissance collective à freiner la chute. Le défaut ne réside pas dans la composante humaine de l’homo islamicus mais dans ses composantes culturelle et idéologique ; celles-ci sont intimement liées à l’identité du musulman, sans elles il ne peut concevoir l’existence et c’est à cause d’elles qu’il refuse la vérité qui libère.
Cette vérité comprend deux volets : le coran n’est pas divin, il a été écrit par des hommes et ne contient aucune vérité absolue; Mahomet n’est pas un être parfait et il ne mérite pas d’être pris comme modèle à suivre. Plusieurs penseurs de l'islam ont tenté courageusement de la faire connaître en y allant par petites doses. Elle a été rejetée et ceux qui en ont parlé ont été réduits au silence ou ont payé de leur vie leur audace. Mais alors que les musulmans se bouchaient les oreilles et détournaient les regards pour ne pas connaître la vérité, ils continuaient à chercher des réponses rassurantes quant au pourquoi du déclin et de l’insignifiance que le sort leur a réservé.
Cependant la question était mal posée du fait qu’elle exprimait clairement la réponse, cette question les fondamentalistes l’ont formulée ainsi : « Comment les musulmans en sont-ils arrivés à ce point, alors qu’ils possèdent la seule véritable religion ? » La réponse qui en découle naturellement est qu'ils ont été incapables de se prévaloir de cet « atout incomparable et précieux » qu’est l’islam pour se hisser au sommet de l’humanité; ils en ont été empêchés par ceux qui sont, et de loin, moins bien favorisés en terme de religion, les juifs et les chrétiens. Le conflit primordial qui a présidé aux origines de l’islam en Arabie et à son expansion ultérieure, se trouve rallumé (il ne s’est jamais tout à fait éteint) ; la marche triomphale de l’islam telle qu’elle est voulue par Allah et son envoyé est entravée par les ennemis d’Allah et de l’islam, les mêmes qu’aux premiers siècles. Il s’agit de toute évidence d’une croisade des temps modernes, elle a pour armes matérielles la science et la technologie, et pour armes idéologiques les notions de liberté individuelle, de démocratie et de droits humains.
« L’islam est la solution » clament les islamistes, l’islam à doses élevées et même à surdose ! L’islam ? Bien évidemment, mais aussi le rejet de tout ce qui est occidental et surtout de tout ce qui est juif ou chrétien. Dans la psyché collective des masses musulmanes, la blessure narcissique s’est transformée en abcès à force de prêches incendiaires et d’imprécations contre les infidèles responsables du désastre que vit l’oumma. « L’agression » judéo-chrétienne justifie l’appel à la guerre sainte, le jihad. L’ennemi doit être défait, humilié et asservi par tous les moyens disponibles ; Allah aime ceux qui combattent ses ennemis et perdent la vie en combattant, ils seront pardonnés et auront le paradis en partage.
Le terrorisme islamique tire son origine de la crise existentielle que vivent les musulmans. L’islam malgré les apparences est une idéologie en faillite, nul ne le ressent plus que les musulmans et nul ne le nie autant qu’eux. La crise existentielle c’est le conflit entre le désir refoulé de liberté et la soumission à la tyrannie du dogme. Ce conflit à l’intérieur de la psyché islamique est projeté sur des ennemis extérieurs, ceux-là mêmes qui personnifient cette liberté désirée mais profondément refoulée ; les combattre exempte les musulmans de prendre conscience de la crise existentielle qui les déchire.
Mais l’ennemi ce n’est pas seulement l’Occident qui incarne la liberté, c’est autant sinon plus les musulmans qui se laissent séduire par les charmes de la liberté ; ceux-là cherchent à résoudre pacifiquement la crise existentielle qui draine leurs énergies quitte à devoir louvoyer entre des absolus inconciliables. Les centaines de milliers de musulmans, victimes de la terreur islamique, illustrent bien cette dure réalité : l’islam pour survivre n’a d’autre choix que de dévorer ses propres enfants !
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